Construire en bois

© Antoine Bosse-Platière © Antoine Bosse-Platière
La maison bois connaît depuis 2001 une croissance de 46 %, contre 18 % pour les autres matériaux. Mais elle représente en France moins de 5 % du marché de la maison individuelle.

Le bois est souvent perçu comme un matériau de construction moins sécurisant que les solutions standardisées ou comme un produit de rêve trop coûteux. Ces idées reçues devraient pourtant s'estomper à l'avenir tant les atouts du matériau bois sont nombreux : renouvelable et recyclable, écologique quand il est issu de forêts dont la bonne gestion est certifiée, il stocke du C02  (1 m3 de bois = 1 tonne de CO2). Esthétique et chaleureux, il se prête à toutes sortes de transformations, est 12 fois plus isolant que le béton et 350 fois plus que l'acier.

© Antoine Bosse-Platière
mur en fuste -

La maison bois est souvent associée au chalet de bois massif, typique des zones montagnardes alpines. La technique d'assemblage des rondins ou fuste est économique et intéressante dans les régions forestières où ce type de construction est traditionnel. Elle se développe surtout avec des pièces de bois usinées de manière à améliorer l'isolation et l'étanchéité à l'air. On trouve aussi depuis peu des parpaings de bois.

Ossature, isolants, panneaux... mille usages

Maison à ossature bois et remplissage en briques de chanvre - © Antoine Bosse-PlatièreMaison à ossature bois et remplissage en briques de chanvre -
© Antoine Bosse-Platière

Aujourd'hui, la technique de construction qui se développe le plus est l'ossature bois. On y associe différents types de panneaux dérivés du bois pour assurer la rigidité (par exemple panneaux OSB rigides pour le contreventement) et l'isolation (panneaux souples en fibre ou laine de bois), puis des lames pour le bardage extérieur. Mais l'ossature bois porteuse permet aussi d'utiliser de nombreux autres matériaux comme par exemple du chanvre (chanvre banché ou briques de chanvre), des bottes de paille ou des isolants légers en vrac ou en rouleaux en remplissage entre des panneaux rigides .

Le bois est en outre un matériau très agréable à travailler et qui se prête bien à des formules économiques d'autoconstruction assistée - mieux vaut faire appel à un charpentier expérimenté pour l'ossature et la charpente.

Séchage, traitements, des efforts à faire

La filière bois française va cependant devoir corriger certaines insuffisances : améliorer les techniques de séchage des bois d'œuvre (pour réduire fentes, déformations et retrait liés à un séchage trop rapide), utiliser davantage les essences naturellement durables (mélèze, douglas, châtaignier, chêne, robinier...) et surtout développer des procédés de préservation non chimiques. Le bois et ses produits dérivés - notamment les panneaux - sont trop souvent encore des sources importantes de polluants pour notre air intérieur : formaldéhyde utilisé dans les colles (son usage est heureusement en forte régression), fongicides et insecticides, solvants des lasures, peintures et vernis... Il faut exiger des bois non traités et utiliser les solutions alternatives aujourd'hui nombreuses (voir aussi la page Protéger les bois d'extérieur) : essences naturellement durables, traitements thermiques (bois rétifié, oléothermie...), lasures, peintures et produits à base d'ingrédients naturels non polluants en vente chez les distributeurs spécialisés.